Que va-t-il se passer maintenant que Cédric Jubillar a avoué avoir tué sa femme ?

L'essentiel

  • Après avoir clamé son innocence pendant cinq ans et avoir été condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance en octobre 2025, Cédric Jubillar a finalement reconnu son implication dans la disparition de sa femme Delphine, dans une lettre adressée à son avocat deux mois avant son procès en appel.
  • Selon l’ancien magistrat Jacques Dallest, ces aveux nécessiteront un supplément d’information incluant un transport sur les lieux, l’exhumation et l’autopsie du corps de Delphine Jubillar, ce qui rendra impossible la tenue du procès en appel dans les délais prévus.
  • L’ancien procureur analyse cette stratégie comme classique et estime que Cédric Jubillar va plaider les coups mortels et contester l’intention homicide, ce qui pourrait réduire la peine maximale encourue à vingt ans.

Lors de son procès en première instance en octobre 2025, Cédric Jubillar a été condamné à trente années de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine malgré l’absence de corps et alors qu’il avait toujours clamé son innocence. Mais deux mois avant son procès devant la cour d’assises d’appel de Toulouse, coup de théâtre : le mis en cause a finalement reconnu son implication dans la disparition de sa femme. Un revirement qui change radicalement la donne.

Après cinq ans derrière les barreaux, Cédric Jubillar a donc lâché son costume d’innocent pour revêtir celui de coupable dans une lettre adressée à son avocat, Pierre Debuisson. « Ces révélations vont sans aucun doute déboucher sur une demande de supplément d’information, vraisemblablement confiée à un juge d’instruction », explique à 20 Minutes Jacques Dallest, ancien magistrat instructeur et ancien procureur de Marseille.

Exhumer et autopsier le corps de Delphine Jubillar

Dans sa lettre, consultée par nos confrères de la Dépêche du Midi, Cédric Jubillar ébauche un récit du déroulement de la soirée qui sera fatale à son épouse, sans toutefois livrer tous les détails. « Ce sera au magistrat instructeur de l’entendre d’abord sur sa version des faits, puis de vérifier ces nouvelles informations », poursuit l’ancien procureur.

Surtout, il reste le corps de Dephine Jubillar à retrouver. « Il y aura un transport sur les lieux indiqués par le prévenu, puis l’exhumation du corps », poursuit Jacques Dallest. Et une autopsie qui sera diligentée dans la foulée. « L’état de conservation du corps dépendra de la façon dont le prévenu s’en est débarrassé. S’il l’a enterré, déposé ou jeté dans un trou », estime le magistrat, auteur de Sur les chemins du crime (Mareuil Editions, 2025).