Cette noix addictive entraîne des taux records de cancer – pourtant, des millions continuent de la mâcher

Cette dépendance peut représenter une dépense considérable, certains jours il achète jusqu’à 40 noix. Lors de ses déplacements professionnels dans des pays où cette pratique est rare, il cherche immédiatement des vendeurs de noix de bétel, même à des prix élevés, comme il l’a fait à Dubaï ou en Allemagne, où il a tenté de passer des noix en contrebande.

Liens entre la noix de bétel et le cancer
Cependant, les plaisirs de la mastication ont un coût. Dans les îles Mariannes du Nord, le chirurgien William Moss a été stupéfait par les cas de cancers oraux qu’il a observés dès son arrivée en 2018.

« Les patients présentent des cancers à un stade avancé, ils sont plus jeunes et les résultats sont catastrophiques. C’est totalement disproportionné », déclare-t-il.

 

Dès le début du XXe siècle, des médecins en Inde soupçonnaient un lien entre la noix de bétel et le cancer. Mais ce n’est qu’à partir des années 1990 que des études, notamment à Taïwan, où la noix est mâchée sans tabac, ont clairement établi ce lien. En 2004, l’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC) a classé la noix de bétel comme cancérigène du groupe 1, soit la catégorie la plus dangereuse.

Depuis, des études ont confirmé cette connexion, notamment dans les pays où la consommation est répandue, comme en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où le taux de cancers oraux par habitant est le plus élevé au monde.

 

Conséquences de la consommation sur la santé publique
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la majorité des adultes mâchent cette noix, et les conséquences sont dramatiques pour la santé publique. Le cancer buccal est la forme de cancer la plus répandue chez les hommes et la deuxième chez les femmes. La faible infrastructure de soins de santé dans le pays empêche de nombreux cas d’être diagnostiqués à temps, ce qui conduit à une mortalité accrue.

Mais les problèmes de santé liés à la noix de bétel ne se limitent pas au cancer. William Moss souligne que d’autres problèmes graves sont associés à sa consommation : maladies cardiaques, rénales, hépatiques, et complications pendant la grossesse. Il compare l’impact de la noix de bétel à celui du tabac et de l’alcool.