«Tout le monde est dépassé»
À l’hôpital, Philippe Juvin dit observer principalement trois profils de patients. D’abord les personnes âgées, qui arrivent «très déshydratées», parfois avec des températures corporelles de «40/42». Il évoque aussi les sans-abri, «probablement assez spécifique à la Ville de Paris», qui n’ont «pas d’endroit pour aller se mettre au frais», ainsi que certains patients atteints de troubles psychiatriques, exposés à la déshydratation ou à des décompensations. Le médecin affirme que plusieurs décès ont déjà été constatés dans son service. «On a eu des gens qui sont arrivés dans une situation dépassée où on sait qu’ils vont mourir», a-t-il rapporté. Mais selon lui, «la majorité des gens probablement meurent avant d’arriver à l’hôpital». À Paris, a-t-il ajouté, le SAMU signale «beaucoup plus d’arrêts cardiaques que d’habitude dans la rue et à domicile». «Tout le monde est dépassé, le SAMU est dépassé, les pompiers le sont aussi. Nous, dans les services d’urgence, nous le sommes», a-t-il insisté.